RESTRUCTURATION D’UN PAVILLON DE SOINS LONGUE DUREE
Ivry sur Seine (94)
Maîtrise d'ouvrage
APHP
Humanisation du pavillon de soins longue durée de l’hôpital Charles Foix d’Ivry sur Seine : restructuration du pavillon de l’Orbe, projet expérimental conçu par André Bruyère en 1991.
  • localisation : Hôpital Charles Foix – Ivry sur Seine (94)
    montant travaux : 1 600 000 euros HT
    calendrier : chantier en cours / phase 1 : janvier 2015
    Maîtrise d'oeuvre
    ABN (mand.) Lucile Hubert et Frédéric Batisse
    C-TEK (fluides) / ECRH (économie)

    Le pavillon de soins longue durée (SLD) de l’Orbe, à l’hôpital Charles Foix d’Ivry sur Seine, est un bâtiment expérimental conçu par André Bruyère entre 1987 et 1991. Ce lieu, dont l’idée maîtresse était basée sur des espaces de soins intimement mêlés aux lieux de vie, prenait le contre-pied de tout ce qui était propre à un service d’hospitalisation traditionnel. L’absence de couloirs, le plan introduisant la notion de circuit autour d’un patio, relevaient d’une conception très novatrice en matière d’architecture hospitalière. Il en résulte un bâtiment aux espaces généreux, tout en courbes, contrecourbes et volumes libres, nappé d’un mince voile de béton précontraint ondulant. Un ensemble à l’identité très forte.

    L’usure du temps, mais aussi l’évolution du programme d’un service de S.L.D, ont rendue nécessaire cette restructuration dont l’enjeu principal était de supprimer les chambres doubles au profit de chambres individuelles accessibles PMR, tout en conservant la capacité d’accueil de 82 lits.

    Au-delà, nous avons eu à cœur d’axer notre travail sur l’humanisation des lieux, l’objectif étant pour nous d’articuler la création des espaces de l’intime et la création d’espaces de vie sociale, en introduisant davantage de mouvement et de déplacement dans le quotidien de patients fortement sédentarisés. C’est à l’appui du travail mené par l’agence dans le domaine du handicap (références en foyers de vie) et d’un dialogue étroit avec le service de l’hôpital que les orientations du projet ont été définies, avec l’objectif commun de préserver l’esprit particulier de ces lieux et ce qui en fait l’identité.

    La restructuration des chambres doubles en chambres simples constitue l’élément clé de l’opération. Le projet traite donc particulièrement la chambre type et ses incidences sur l’ensemble du bâtiment par répétition.

    Le dessin de cette chambre type a donc été déterminant dans le projet d’ensemble : il devait permettre de préserver la volumétrie des espaces communs, en minimisant l’impact des volumes des salles d’eau dans les circulations, en s’harmonisant avec les jeux de courbes omniprésents, et en maintenant le potentiel de repérage et d’identification donné par l’excroissance de la salle d’eau dans cette circulation. Le projet a été abordé en cherchant à donner à ces nouvelles chambres des caractéristiques restant au plus près des spécificités de l’Orbe, et en les dotant d’un potentiel d’identification.

    A partir de l’unité donnée par la chambre, se sont reconstitués les quatre secteurs du bâtiment, par répétition de cette unité autour des volumes de circulation, espaces de soins et salles de bains communes préservés. Ces quatre secteurs sont identifiés par une couleur, présente à l’entrée de chaque chambre de sorte qu’elle n’est pas omniprésente dans le bâtiment mais perceptible en permanence, par une porte entrouverte, un reflet, et sur les éléments de signalétique. La couleur est suggérée dans un ensemble très clair, favorisant au maximum la circulation de la lumière naturelle et qui met en valeur les courbes par simple jeu d’ombres et de lumière, sans ostentation ajoutée dans un contexte de volumes complexes.

    Nous avons alors exploité les interstices, les dilatations de l’espace central pour créer des lieux de vie commune et d’accueil. Constatant que les patients n’avaient d’autre endroit pour accueillir leurs visiteurs que leur chambre, nous avons en effet proposé d’aménager les vides résiduels entre les rangées de chambres en espaces de rencontre, dont les murs reprennent la couleur du secteur dans lequel ils se trouvent afin de participer du repérage général dans le bâtiment, et d’identifier la spécificité de ces lieux dans l’environnement général. Ces endroits peuvent être l’objet d’une rencontre entre patients, d’une lecture près d’une baie vitrée sur le patio, d’un moment partagé avec un parent, et surtout en dehors de la chambre où ces patients ne passent que trop de temps.

    Cette volonté a été élargie à l’aménagement de quelques locaux peu exploités, pour y créer un salon, une salle à manger d’accueil, ou redonner vie à un salon de coiffure au sein du bâtiment. Ces éléments ajoutés au programme ont permis de répondre à la fois aux objectifs de l’humanisation en réintroduisant une vie sociale, un usage à des espaces communs généreux qui avaient été conçus pour cela, et de répondre à une volonté de l’équipe médicale sur la re-sociabilisation des patients, amenés à se déplacer, à rencontrer, à recevoir.

    Si ces interventions dans les espaces communs sont de moindre importance que la restructuration des chambres en termes de travaux, elles sont essentielles dans le cadre de l’humanisation au sens large de l’Orbe. Elles en définissent l’identité nouvelle, l’atmosphère, en restant respectueuses des caractéristiques de ce bâtiment atypique. Le manque de lumière et les tons pastels existants ont fait place à une grande clarté ponctuée de touches de couleurs franches, et par laquelle les jeux de courbes sont soulignés sous les ondulations de la vague de béton qui recouvre l’ensemble.

  • localisation : Hôpital Charles Foix – Ivry sur Seine (94)
    montant travaux : 1 600 000 euros HT
    calendrier : chantier en cours / phase 1 : janvier 2015
    Maîtrise d'oeuvre
    ABN (mand.) Lucile Hubert et Frédéric Batisse
    C-TEK (fluides) / ECRH (économie)

    Le pavillon de soins longue durée (SLD) de l’Orbe, à l’hôpital Charles Foix d’Ivry sur Seine, est un bâtiment expérimental conçu par André Bruyère entre 1987 et 1991. Ce lieu, dont l’idée maîtresse était basée sur des espaces de soins intimement mêlés aux lieux de vie, prenait le contre-pied de tout ce qui était propre à un service d’hospitalisation traditionnel. L’absence de couloirs, le plan introduisant la notion de circuit autour d’un patio, relevaient d’une conception très novatrice en matière d’architecture hospitalière. Il en résulte un bâtiment aux espaces généreux, tout en courbes, contrecourbes et volumes libres, nappé d’un mince voile de béton précontraint ondulant. Un ensemble à l’identité très forte.

    L’usure du temps, mais aussi l’évolution du programme d’un service de S.L.D, ont rendue nécessaire cette restructuration dont l’enjeu principal était de supprimer les chambres doubles au profit de chambres individuelles accessibles PMR, tout en conservant la capacité d’accueil de 82 lits.

    Au-delà, nous avons eu à cœur d’axer notre travail sur l’humanisation des lieux, l’objectif étant pour nous d’articuler la création des espaces de l’intime et la création d’espaces de vie sociale, en introduisant davantage de mouvement et de déplacement dans le quotidien de patients fortement sédentarisés. C’est à l’appui du travail mené par l’agence dans le domaine du handicap (références en foyers de vie) et d’un dialogue étroit avec le service de l’hôpital que les orientations du projet ont été définies, avec l’objectif commun de préserver l’esprit particulier de ces lieux et ce qui en fait l’identité.

    La restructuration des chambres doubles en chambres simples constitue l’élément clé de l’opération. Le projet traite donc particulièrement la chambre type et ses incidences sur l’ensemble du bâtiment par répétition.

    Le dessin de cette chambre type a donc été déterminant dans le projet d’ensemble : il devait permettre de préserver la volumétrie des espaces communs, en minimisant l’impact des volumes des salles d’eau dans les circulations, en s’harmonisant avec les jeux de courbes omniprésents, et en maintenant le potentiel de repérage et d’identification donné par l’excroissance de la salle d’eau dans cette circulation. Le projet a été abordé en cherchant à donner à ces nouvelles chambres des caractéristiques restant au plus près des spécificités de l’Orbe, et en les dotant d’un potentiel d’identification.

    A partir de l’unité donnée par la chambre, se sont reconstitués les quatre secteurs du bâtiment, par répétition de cette unité autour des volumes de circulation, espaces de soins et salles de bains communes préservés. Ces quatre secteurs sont identifiés par une couleur, présente à l’entrée de chaque chambre de sorte qu’elle n’est pas omniprésente dans le bâtiment mais perceptible en permanence, par une porte entrouverte, un reflet, et sur les éléments de signalétique. La couleur est suggérée dans un ensemble très clair, favorisant au maximum la circulation de la lumière naturelle et qui met en valeur les courbes par simple jeu d’ombres et de lumière, sans ostentation ajoutée dans un contexte de volumes complexes.

    Nous avons alors exploité les interstices, les dilatations de l’espace central pour créer des lieux de vie commune et d’accueil. Constatant que les patients n’avaient d’autre endroit pour accueillir leurs visiteurs que leur chambre, nous avons en effet proposé d’aménager les vides résiduels entre les rangées de chambres en espaces de rencontre, dont les murs reprennent la couleur du secteur dans lequel ils se trouvent afin de participer du repérage général dans le bâtiment, et d’identifier la spécificité de ces lieux dans l’environnement général. Ces endroits peuvent être l’objet d’une rencontre entre patients, d’une lecture près d’une baie vitrée sur le patio, d’un moment partagé avec un parent, et surtout en dehors de la chambre où ces patients ne passent que trop de temps.

    Cette volonté a été élargie à l’aménagement de quelques locaux peu exploités, pour y créer un salon, une salle à manger d’accueil, ou redonner vie à un salon de coiffure au sein du bâtiment. Ces éléments ajoutés au programme ont permis de répondre à la fois aux objectifs de l’humanisation en réintroduisant une vie sociale, un usage à des espaces communs généreux qui avaient été conçus pour cela, et de répondre à une volonté de l’équipe médicale sur la re-sociabilisation des patients, amenés à se déplacer, à rencontrer, à recevoir.

    Si ces interventions dans les espaces communs sont de moindre importance que la restructuration des chambres en termes de travaux, elles sont essentielles dans le cadre de l’humanisation au sens large de l’Orbe. Elles en définissent l’identité nouvelle, l’atmosphère, en restant respectueuses des caractéristiques de ce bâtiment atypique. Le manque de lumière et les tons pastels existants ont fait place à une grande clarté ponctuée de touches de couleurs franches, et par laquelle les jeux de courbes sont soulignés sous les ondulations de la vague de béton qui recouvre l’ensemble.